La fascination d’un endroit
Mulholland Drive est un film fascinant inspiré par une route fascinante.
Grand fan de Wim Wenders et en particulier de Paris,Texas mon film fétiche, je lui ai consacré un site tout entier que vous pouvez visiter à l’adresse suivante : Paris,Texas Fan Site. Tous les films de Wim Wenders ont pour genèse la fascination d’un endroit. Pour Paris, Texas c’était les décors mythiques de western de l’Ouest américain. J’aime les films dont l’histoire est profondément enracinée dans des lieux bien spécifiques. Le dernier opus de David Lynch fait partie de ceux-là.
Pour Mulholland Drive le point de départ c’est cette route sinueuse, mystérieuse, magique, onirique qui surplombe la ville de Los Angeles, la Cité des Anges et le quartier d’Hollywood, le Temple du Cinéma, l’Usine à Rêves. Cette route, Mulholland Drive, a inspiré des idées à David Lynch, une histoire. Un film est né…
David Lynch habite Los Angeles. Comme il le dit lui-même, il aime la luminosité de cette ville, son énergie créatrice, son pouvoir d’attraction, ses multiples facettes. Autant de clés pour mieux comprendre son film. Finalement, la force des grands réalisateurs est de nous communiquer leur fascination.
Le rêve d’un magicien
Mulholland Drive est incontestablement un film habité par le rêve. Un rêve de grand qui se réalise comme le film de David Lynch et un rêve d’enfant qui tourne au cauchemar comme la carrière d’actrice de Diane Selwyn. Les frontières entre le rêve, le cauchemar et la réalité sont capricieuses. Les rêves s’inspirent de la réalité et la réalité se construit à partir des rêves. Mulholland Drive, la route, est bien réelle, et pourtant on la croirait tout droit sortie d’un rêve ! Ce que David Lynch nous dit aussi dans ses films c’est que l’étrange, le bizarre, l’imaginaire font partie de notre quotidien et que si on est attentif on peut les croiser au coin d’une rue ou au détour d’une route…
Le rêve de Diane constitue les trois premiers quarts du film et est inspiré par les évènements traumatiques de la réalité relatés dans le dernier quart : sa rupture avec Camilla, son humiliation chez Adam puis sa solitude, son intense frustration et finalement son meurtre et son incapacité à l’assumer. Dans son rêve, Diane s’invente une vie meilleure dans laquelle elle a tous les premiers rôles. David Lynch utilise alors la psychanalyse de Freud : la transposition, l’altération du réel, le transfert de personnalité, l’expression des aspirations enfouies, des sentiments refoulés. Mais le rêve de Diane est un rêve agité, perturbé par sa mauvaise conscience qui remonte à la surface au cours des différentes phases de son sommeil.
Le spectateur aussi fait un rêve éveillé. Car on peut considérer Mulholland Drive comme un rêve de 2h26. Une illusion parfaitement mise en scène par ce réalisateur-magicien qu’est David Lynch. Sa baguette magique à lui c’est la caméra !
